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dimanche 2 août 2020

Un besoin de protection...


 

Nathan Hill  "Les fantômes du vieux pays" « The nix »

Il y a toujours un moment du passé qui nous hante.

Samuel, professeur d’université, enquête sur la vie de sa mère, Faye, qui les a quittés, son père et lui, lorsqu’il avait 11 ans…

Sur fond d’addiction aux jeux vidéo en ligne, ici « World of escape » (en passant par la malbouffe), du rapport professeur/élève, d’amitiés datant de l’enfance, de la contre-culture avec mai 68 à Chicago pendant la convention démocrate (Hubert Humphrey, Allan Ginsberg,  Walter Cronkite).

Sans oublier le « Nix » ce fantôme, cette créature qui prend bien sa place tout au long du livre et cette phrase qui revient tout au long du roman “Les choses que tu aimes le plus sont celles qui un jour te feront le plus de mal" “The things you loved the most will one day hurt you the worst¨.

Cela foisonne non de personnages mais de bonnes idées/pensées. Les phrases et les chapitres s’éternisent pourtant parfois mais cela ne nuit aucunement au roman.

De nouveau une bonne lecture. 


mercredi 11 décembre 2019

Complément sur Višegrad

Višegrad (Rép. Serbe de Bosnie) septembre 2019

Deux analyses sur le livre d'Ivo Andrić "Le pont sur la Drina" l'une de Marcel Brion et l'autre de ZélieWaxin.


*

Plus récent le livre « Le soldat et le gramophone » de Saša Stanišic raconté par un enfant, Aleksandar, qui vécut à Višegrad avant de partir en exil en Allemangne au moment de la guerre des années 90 dans les Balkans.  Il reviendra plus tard visiter sa grand-mère et revivre ses souvenirs.


…« Elle (la rivière Drina) l’avoue, oui elle connait la peur. Elle défie le froid et l’hiver et les pluies de l’automne ne la bouleversent pas, mais elle a peur des coups de feu nous contaminent nous aussi et nous donnent la guerre. Elle se plaint au rocher, elle en a subi, des guerres, plus horribles les unes que les autres. Elle en a charrié, des cadavres, et tant de ponts qui ont sauté reposent pour toujours au fond de son lit. Je dois la croire, dit-elle, et ses eaux se troublent sur la rive, rien au monde ne souffre tant qu’une pierre de pont privée de son pont. En plus, elle n’a jamais réussi à se cacher et n’a jamais pu fermer les yeux devant aucun crime. Disant cela, elle écume de colère, je n’ai même pas de paupières ! Je ne connais jamais le sommeil, je ne peux sauver personne, je ne peux rien empêcher… Quand je tombe amoureuse, je n’embrasse pas, et quand je suis heureuse, je n’enfonce pas les touches de l’accordéon. Oui Aleksandar, en voilà du regard, du regard en pure perte. »…





dimanche 15 mai 2016

Lutte contre l’oubli ?

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La V.F., Octobre 2009

 « Les années » Annie Ernaux

Les évènements, les photos, le temps défile… Plutôt impossible de s’imaginer tel que l’on sera alors qu’on l’est déjà plus. Hier, demain et aujourd’hui défilent et se recoupent, on avance dans le temps entre 1940 et 2006 ( ?), année de sortie du livre. Une envie irréfléchie de refermer le livre arrivée aux trois quarts de l'ouvrage.

 « …elle se demande « est-ce-que je pourrais y être encore ? » Elle a envie de dire non, mais elle sait que la question n’a pas de sens, qu’aucune question n’a de sens s’appliquant aux choses du passé… »

 A la lecture minutieuse on sent une lutte personnelle, une inquiétude, l’angoisse du temps qui passe pour disparaître, un tourment qui ne trouve place que dans les mots qui défilent inlassablement. Un livre qui interroge, qui m’interroge, qu'y a-t-il à sauver ?

 « Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais »

 On ne peut qu’en sortir « sonné » et rompu !

vendredi 9 octobre 2015

Clocher mur

 photo 89 1 IMG_8942_zpssmduknis.jpg Église Notre-Dame du Taur, rue du Taur, Toulouse, Gothique méridional, octobre 2015

« Tu ne verras plus » Pascal Dessaint, 2008 

« … À la fin du VIe siècle, le duc Launebolde élève ici une première église, Saint-Saturnin-du-Taur. L’église actuelle, elle, ne fut construite qu’au XIVe siècle. Permettez-moi d’attirer votre attention sur quelques curiosités architecturales. L’église du Taur dresse au-dessus de sa façade austère son curieux campanile plat, à faux mâchicoulis et a créneaux. Remarquez aussi ses six ouvertures en ogives mitrées et ses deux tourelles octogonales… »

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Une intrigue autour de la taxidermie, à Toulouse de surcroit… une magnifique écriture !

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dimanche 23 août 2015

Un livre… lequel ?

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               Rue d’Alsace Lorraine au niveau du Square Charles de Gaulle, août 2015

« … Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d’un livre peut appartenir à plusieurs vies. Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d’un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l’hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n’importe comment sauf d’ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l’étagère. … » 

Erri De Luca « Trois chevaux » Traduit de l’italien par Danièle Valin

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vendredi 6 mars 2015

Je suis un arbre

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                         Parc Monceau, Paris 9e, février 2015

En complément de mon billet de ce matin.
« Les quelques individus qui ont su me faire rêver durant ma vie, je leur dois ma longévité. Parce que l’intelligence, la poésie, l’humour sont des nutriments aussi nécessaires pour moi que les protéines du sol. Vos mauvaises ondes m’affaiblissent, vos bonnes vibrations me renforcent. Un arbre ne cherche pas que la lumière. Du moins, il la cherche partout. 

« Le Journal intime d’un arbre » Didier van Cauwelaert, 2011

samedi 4 octobre 2014

Partir et après ?

 photo IMG_4647_zps25a2a59e.jpg Toulouse Saint Simon, octobre 2014 

« Le grand cahier » Agota Kristof, roman, 1986

Écriture saccadée, comme pour toujours essayer d'attraper et de coucher l'essentiel, quoique le mot « saccadé » ne se rapporte pas tout à fait à l’impression ressentie mais s’en rapproche ; des enfants, partir, rester, agir, toujours agir mais jamais comme des enfants tels qu’on se les définit, ou jamais comme notre esprit pourrait se l’imaginer dans le pire des cas.

Lire cet interview pour mieux saisir ou  sinon rester sur sa soif. Il en résulte une forte envie de continuer à lire Agota Kristof. Âmes sensibles, s’abstenir.

 *Livre lu suite à la lecture d'un des billets de Claudialucia.




P.S.La trilogie des jumeaux :
      Le grand cahier
      La preuve
      Le troisième mensonge

mercredi 5 mars 2014

Une rencontre

77 photo 77IMG_3873_zpsd20bed05.jpg Chandler, avril 2009

Merci à Claudialucia pour m’avoir introduite au livre de Martine Mairal sur la vie de Marie de Gournay vouée aux Essais de Montaigne. Que rajouter à son merveilleux article sur « L’Obèle » (clic) ? Citer, très certainement, les moments forts de ma propre lecture. 

Tout d’abord l’actualité de bien des passages comme celui-ci émanant de Montaigne : « Nous vivons de ces temps sauvages où les religions vouées aux extrêmes par les intérêts du siècle exigent de l’humanité un tribut sanglant pour affermir leurs autels. Des religions censément faites pour entrainer les hommes à la communion, qui s’opposent furieusement et guerroyent à feu et à sang sites, bourgs et familles, dévastant au nom de Dieu les accointances les plus anciennes, nous jetant dans un branle furieux ou l’esprit vacille comme flamme en courant d’air. » A noter également une préoccupation déjà d’époque : l’égalité entre hommes et femmes vue par Montaigne, une idée soutenue par Marie de Gournay « Les femmes n’ont pas tort de tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles. » A méditer.

L’emploi des mots requérant dans mon cas le constant emploi d’un dictionnaire. Je ne serais jamais venue au bout de ce livre si je les avais tous sondés… Mais une recherche également due à certaines lacunes de mon côté sans aucun doute. Des exemples? Batrachomyomachie , embéguinée, malengroin, rassotée… mais quelle beauté et richesse de langage. 

Des moments amusants comme cette phrase en latin de cuisine prise à Rabelais : « omnis clocha clochabilis in clocherio clochando ; clochans clochativo, clochare facit clochabiliter clochandis. » 

A noter encore l’intensité du temps qui passe : 4 années de rencontres (1588- 1592) entre Marie de Gournay et Michel de Montaigne, des détails historiques sous le règne d’Henri III. La beauté de l’amitié comme ici venant de Montaigne « …c’est un don. Un élan qui vous prend tout entier. D’esprit, d’idées, de cœur, de peau, de corps et d’âme. .. » 

Pour conclure je reste toutefois avec un certain malaise, celui de me poser des questions sur un tel parcours de vie de la part de Marie de Gournay ! Une vie passée à la lecture et à l’écriture, dans l’ombre des essais de Montaigne. Je reprendrai ici une pensée de Pierre Bourgeade dans L’empire des livres : « Préférer la vie aux livres ou les livres à la vie ? » Ou bien faut-il se rallier au fait que nous ne nous trouvons ni à l’époque ni dans la peau même de Marie ? 
Chapeau à Martine Mairal qui a su restituer tant de sentiments, de courage, un hymne à l’écriture et à la foi dans l’homme. 

*L’obèle : Petit trait servant à signaler un passage interpolé sur les manuscrits anciens.


« Voyez ce signe, Marie. Trois traits y suffisent. Une barre verticale ferrée de deux traits brefs à chaque extrémité… » Montaigne

lundi 18 mars 2013

Glissement

71 photo 71IMG_7702_zpscc5d99d9.jpg Tournefeuille, 2013 - Ici l'éphémère -

« Dessins abstraits, les tiges dépouillées de leur attribut végétal deviennent lignes, parfois point… Les axes sont multiples, mais la géométrie résiste. Les motifs se répondent dans des jeux d’ombre et de lumière, reproduisent le microcosme, et les mystères de la création. … »
La nuit des calligraphes, Yasmine Ghata, 2004